FRÉDÉRIC GAUTIER et la windsurfer
A 59 ans, Frédéric Gautier est une des grandes figures de la planche à voile Française et internationale. Il vient encore de le confirmer en remportant à Torbole le championnat d’Europe dans la catégorie des Lourds !
Après une brillante carrière à Londres dans la finance, Fred travaille aujourd’hui à Paris dans de multiples industries, à deux tiers de temps. Quand il ne travaille pas, il s'entretient, voit des potes, fais un peu de sport et passe du temps avec sa famille.
Fred, comment est-ce que tu es revenu à la windsurfer LT ?
Alors je suis revenu je crois par Thierry Eude, qui lui s'est remis avant moi et qui m'a dit que c'était sympa et donc on s'est lancé sur le championnat d’Europe il y a 2-3 ans maintenant, c'était sympa. Depuis voilà, du coup je fais des courses régulièrement
Pourquoi ce retour ?
L'idée, c’est de faire du sport, faire de la régate, être sur l'eau, ce que j'adore et puis voir mes anciens potes, qui sont toujours mes potes.
Tu peux revenir en quelques mots sur le palmarès que tu as eu quand tu étais plus jeune en windsurfer?
Ah oui, alors quand j'étais plus jeune, j'avais un bon palmarès. J'avais été champion de France, d'Europe et du Monde Windsurfer en 1980, et champion du Monde à nouveau en 1981 et 1982. Ensuite j’ai préparé les Jeux Olympiques de Los Angeles en Winglider ou j’ai été sélectionné comme remplaçant de Gildas Guillerot. C'était il y a longtemps.
Dans ces performances que tu as obtenues quand tu étais jeune, retrouves-tu aujourd'hui certaines qualités qui te permettent d'être encore bien ?
Oui je trouve que déjà l'habitude des départs, de la navigation en flotte, la tactique par rapport aux autres, par rapport au parcours, ça revient quand même assez vite. C'est le principal. Après physiquement, évidemment, je n'ai plus le physique d'avant, je suis beaucoup plus lourd. Mais finalement, les repères de régate, ça revient assez vite.
Quand on est sur l'eau en régate, on ne pense à rien d'autre. Donc c'est une évasion absolue par rapport au quotidien et c'est merveilleux.
Est-ce que tu retrouves aujourd'hui des concurrents contre lesquels tu naviguais quand tu étais plus jeune ?
Oh oui, ils sont nombreux. Et c'est marrant parce qu’en fait, on n'en a pas fait si longtemps que ça du Windsurfer. On en a fait pendant 7, 8 ans. Et après, il y a eu d'autres générations qui ne sont plus toutes jeunes non plus, que je ne connaissais pas et que j'ai appris à connaître. Ils naviguent très bien aussi. Quand tu regardes le palmarès qu’il y a sur l’eau, c’est quand même du lourd !
Tu parlais des différences de génération, est-ce que tu trouves qu'il y a des domaines dans lesquels tu as des carences par rapport à ceux qui ont navigué à une époque où le pumping était autorisé ?
Oui, ma carence principale c'est le pumping sur les 30 secondes après le départ, c'est une souffrance pour moi. Donc du coup, tu cherches des positionnements un peu particuliers sur la ligne de départ pour éviter de te faire enfumer. Au portant maintenant ça va, j'y arrive. Et dans le petit temps, j'essaie de survivre, mais je peux souvent faire mieux.
Et ici, à Torbole, comment ca se passe ? (ITV réalisée avant la fin du championnat d’Europe)
C'est un peu un miracle. Donc voilà, pour l'instant, j'ai fait des bonnes places. Le deuxième n'est pas très loin derrière, donc il va falloir serrer le jeu aujourd'hui. C'est comme d'habitude, c'est toujours serré. C'est ce qui est assez excitant quand même.
Et l’ambiance ?
C’est top, Il y a une bonne ambiance, les gens ne se gueulent pas dessus. Il y a pas mal de respect, je trouve, c'est bien.
Est-ce que tu penses qu'on pourrait un jour trouver un moyen d'intéresser des jeunes à venir ?
Tu vois que quand il n'y a pas trop de vent, c'est un peu le seul moyen d'aller sur l'eau, de régater et de s’amuser.
C'est vrai que quand il y a plus d’air, c'est une planche qui est plus difficile à faire naviguer que du foil. Mais je pense que tu peux faire les deux, que ce n'est pas l'un ou l'autre mais plutôt l'un et l'autre.